Jardin de Nuages pour Atacama

Atacama, Chili

Projet de Recherche

CONTEXTE

Le processus civilisateur d’occupation du territoire ainsi que les techniques d’exploitation permettant notre existence sur Terre engendrent, bon grès mal grès, le développement de  constructions, d’installations, d’infrastructures permettant l’accès aux ressources naturelles tout comme la circulation des biens et des personnes.

 

Ces phénomènes d’occupation et de développement de l’Homme apparaissent prioritaires face aux existences d’ordre éthique et esthétique du territoire. Ceci donne lieu à des paysages dominés par un caractère fortement industriel balayant parallèlement, au travers des formes et des processus, d’autres types de coexistences, d’unions et d’équilibres. Par la même occasion, l’installation de machines, permettant l’accès à ces zones industrielles, provoque un impact très fort sur les us et coutumes, les recettes et lectures du territoire auprès des populations qui doivent cohabiter avec ces nouveaux paysages industriels. En effet, les habitants, se trouvant dans la zone d’influence d’un site industriel donné, se trouvent confrontés à deux options: soit ils les assimilent, si le site le permet, soit ils en souffrent, s’il s’impose.

 

Extractions minières, barrages hydrographiques, centrales thermiques, centrales nucléaires, parcs éoliens et centrales solaires photovoltaïque, sont, parmi d’autres, les formes les plus étendues au sein des champs de l’énergie et des ressources minérales. Les populations affectées se retrouvent, en grande majorité, exclues des principes économiques qui régissent la permanence de ces exploitations.

 

La problématique soulevée par ces réflexions apparait comme étant d’ordre “écosophique”. En effet, nous pourrions nous demander quelle est la nature des efforts, des compensations ou des considérations, tant dans le domaine social qu’environnemental, nécessaires au sujet afin qu’il puisse affronter les conséquences de l’exploitation des ressources du territoire qu’il occupe? Quelle est l’économie qui rend plausible la construction d’un paysage de nature écosophique?.

 

CAPTATION D’EAU ATMOSPHÉRIQUE

D’innombrables formes et paysages apparaissent associés au problème de l’eau comme bien de première nécessité. L’une d’entre elles, peu développée mais très efficace, est celle de la technique, apparue il y a 40 ans, de la captation d’eau atmosphérique. Son aspect formel régi principalement par le volume d’eau captée, s’adresse aux populations avec peu de ressources, de grandes carences ainsi qu’une grande difficulté à accéder aux infrastructures de communication. Parallèlement, les machines d’extraction apparaissent dans toute leur crudité donnant naissance à des paysages dégradés à cause du manque d’empathie entre ces appareils et les caractéristiques géomorphologiques, hydrogéologiques et les particularités esthétiques du territoire qu’ils occupent. Ce sont des paysages peu séducteurs qui emphatisent l’état de dégradation dans lequel vivent de nombreuses populations.

En outre, c’est à partir de ce problème, tout en utilisant la technique de captation et en ayant identifié les régions susceptibles d’appréhender une amélioration des conditions de vie au travers d’une telle intervention, que nous avons mis en place le développement d’une vaste station de captation d’eau atmosphérique.

 

Le premier paradigme d’application est en train de se mettre en place à Fuerteventura, au travers d’un modèle dont le design prend en compte : l’efficacité technique, les valeurs esthétiques du territoire, la problématique socioéconomique des populations affectées par le manque d’eau, la superposition des processus de fabrication des capteurs à une Industrie locale existante capable d’assimiler la production, un coût accessible, une économie ouverte aux améliorations du bien être social et environnemental, une volonté d’enrichir le manteau végétal afin de ralentir réellement le processus de désertification.

 

Ce modèle porte le nom de « jardin de nuages ». Il est dirigé par des jardiniers qui s’occupent d’entretenir les unités de captations et surveiller l’arrosage adéquat des taxons botaniques locaux.

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